Ôde à la colère, cette amie qu’on oublie.

Ôde à la colère, cette amie qu’on oublie

 

Quand je te dis « colère », à quoi penses-tu ?

Bien souvent, la colère inspire le rejet, le négatif, quelque chose qu’on ne souhaite pas ressentir. Et parce qu’on ne le souhaite pas, elle s’accompagne souvent de honte, ou de peur… Certains craignent de ne pas pouvoir la contrôler, d’autres n’ont même jamais appris à la reconnaître. En bref, la colère, c’est tabou, c’est dangereux, c’est « mal ».

Et pourtant… si je te disais que la colère peut devenir l’une de tes plus grandes alliées ?

C’est quoi, la colère ?

Dans le spectre des émotions, la colère fait partie de celles considérées comme « négatives », parce qu’elle est désagréable. Pourtant, une émotion n’est jamais véritablement positive ou négative : elle est simplement là en messagère, victime de notre propre jugement et de nos croyances. Avec la joie, notre cerveau nous signale qu’en cet instant, nous nous sentons aimé, respecté ou en sécurité.

Mais la colère, elle, vient délivrer un message différent, plus inconfortable : elle vient nous dire qu’une de nos limites a été franchies ; qu’un besoin n’a pas été respecté ; ou bien encore, qu’une blessure émotionnelle a été déclenchée.

Souvenez-vous d’une situation, récente ou non, qui vous a particulièrement mis.e en colère : que s’était-il passé ? Étiez-vous sincèrement en colère pour ce qu’on vous a dit, ce qu’il s’est passé, ou bien est-ce venu attaquer l’une de vos valeurs, croyances ou limites ?

 

Comment accueillir ma colère ?

Comme pour toute émotion, lorsqu’une situation provoque en vous de la colère, trois options s’offrent à vous : vous pouvez choisir de la refouler, de la subir en la laissant vous contrôler ou… de simplement l’écouter.

Refouler ses émotions en permanence peut conduire à un dérèglement émotionnel important, une baisse de l’estime de soi, voire parfois à une somatisation entraînant des problèmes de santé mineurs ou majeurs. Il va donc sans dire que ce n’est pas une option recommandée.

Quant au fait de subir (ou faire subir) sa colère, bien que ce soit une manière de la laisser s’exprimer, il n’est pas garanti que cette expression soit sans conséquence pour votre entourage ou pour vous-même. Après tout, savoir gérer ses émotions, c’est apprendre à les écouter et à les respecter sans pour autant les déverser sur d’autres. Autrement dit : la base d’une communication saine avec son entourage. De plus, si je n’apprends pas à reconnaître et gérer mon émotion, c’est elle qui me gère.

Sans suspense, la meilleure option face à la colère, c’est bel et bien de l’accueillir, et d’écouter ce qu’elle a à vous dire. Pouvez-vous l’entendre ?

« Message reçu » : et ensuite ?

Très bien, à ce stade, vous savez que face à la colère, il vaut mieux ne pas la ravaler comme un bol de fierté, ni la déverser sur votre collègue qui parle trop fort au milieu des bureaux… Mais alors, que faire ?

1. Accueillir l’émotion, lui laisser l’espace nécessaire, et ne pas la juger ;

2. Se poser les bonnes questions : je ressens de la colère… pourquoi ? Qu’est-ce que ça vient contrarier chez moi ? Quelle valeur est touchée ? Comment cette personne ou cet évènement me fait me sentir (hormis en colère) ?

3. Reconnaître la valeur du message, et agir en conséquence : que puis-je faire pour gérer cette personne ou cet évènement ; parler pour exprimer ma contrariété ? Mettre en place une action pour rectifier la situation ?

4. Lâcher prise sur ma colère : en parler à une personne de confiance ; écrire dans un journal ; rire ; aller marcher ou courir ; méditer ; respirer ! Bref, tout ce qui est susceptible de vous faire du bien et de vous aider à libérer cette émotion.

Parfois, il peut être difficile de libérer sa colère, parce qu’on pense que laisser partir cette émotion, c’est ne plus accorder d’importance à ce qui nous a mis en colère. En réalité, l’émotion n’est que la messagère ; c’est comme si un facteur venait vous délivrer un courrier très important, très cher à votre cœur, mais qu’au lieu de vous concentrer sur le courrier… vous séquestriez le facteur !

 

En conclusion

La colère, en tant qu’émotion, vous informe que quelque chose, ou quelqu’un, vous a touché.e d’une façon ou d’une autre. En définitive, elle n’est pas votre ennemie, mais une véritable alliée, qui, une fois accueillie, écoutée, considérée, vous dira merci, et s’en ira aussi vite qu’elle est arrivée.

Alors, dites-lui merci en retour, et… chut… écoutez !

 

Ilhame


A propos d'Ilhame « Journaliste et rédactrice de formation, j’aime reprendre ma plume de temps à autre pour écrire sur les sujets qui me passionnent et me tiennent à cœur : développement personnel, psychologie, sujets de société… Bref, l’humain ! »

Son podcast : https://www.instagram.com/entrenous_lepodcast/

 

 


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