Pourquoi résister à la souffrance l’amplifie
Dans ta vie, tu as forcément connu des moments difficiles : une rupture, une perte, une maladie, un sentiment d’échec, ou tout simplement une émotion qui te submerge. Dans ces instants, ton premier réflexe est sans doute de rejeter la souffrance, de la nier, ou de lutter pour t’en débarrasser au plus vite.
Ce réflexe est profondément humain : personne n’aime souffrir. Pourtant, cette réaction instinctive t’enferme dans un paradoxe douloureux : plus tu résistes à ta souffrance, plus elle prend de place en toi.
Alors, comment sortir de ce cercle vicieux ? Et que peux-tu apprendre en changeant ton rapport à la douleur, qu’elle soit physique ou émotionnelle ?
La résistance : un réflexe naturel mais contre-productif
Ton cerveau est programmé pour rechercher le plaisir et éviter la douleur. Résister à la souffrance est donc une stratégie instinctive de survie. Mais dans la réalité de ta vie quotidienne, cette stratégie s’avère souvent inefficace.
Imagine une chose toute simple : si je te dis de ne surtout pas penser à un éléphant rose, tu vas immédiatement l’imaginer. Plus tu essaies de l’écarter, plus il revient.
Tes émotions douloureuses fonctionnent de la même manière : plus tu cherches à les repousser, plus elles reviennent avec force.
Cette lutte interne ne fait qu’amplifier ta souffrance initiale, à laquelle s’ajoutent frustration, culpabilité ou épuisement.
Les pièges de la lutte contre la souffrance
Résister à la souffrance peut prendre plusieurs formes :
-
Le déni : « Non, ça ne me touche pas. »
-
La fuite : te distraire à outrance, t’anesthésier avec le travail, les écrans, la nourriture ou d’autres comportements d’évitement.
-
Le contrôle : chercher à tout maîtriser pour ne jamais ressentir d’inconfort.
-
La culpabilisation : t’en vouloir d’éprouver telle émotion (« Je ne devrais pas être triste, je devrais être plus fort. »).
Le problème, c’est que ces mécanismes ne règlent rien. Ils créent un cercle vicieux où l’énergie que tu dépenses à éviter ta souffrance finit par renforcer son intensité.
En thérapie ACT (Thérapie d’Acceptation et d’Engagement), on dit que la douleur est inévitable, mais la souffrance est optionnelle. La douleur fait partie de l’expérience humaine, mais ta manière d’y réagir peut soit l’apaiser, soit l’amplifier.
Le paradoxe de l’acceptation
Accepter ta souffrance ne signifie pas te résigner ou te complaire dans la douleur. Cela veut dire cesser de mener une bataille intérieure pour la repousser.
L’acceptation, c’est :
-
Reconnaître : « Oui, cette douleur est là. »
-
Laisser exister ton émotion sans la juger.
-
Continuer à avancer malgré sa présence.
C’est comme si tu avais un passager bruyant dans ta voiture : tu n’as pas besoin de l’aimer, mais tu peux continuer à conduire vers ta destination.
La souffrance n’a alors plus besoin de prendre toute la place. Elle devient un compagnon de route temporaire, et non plus un tyran qui décide pour toi.
Exemple concret : le deuil
Prenons un exemple très parlant : celui du deuil.
Si tu refuses de ressentir ta tristesse, si tu te forces à « être fort » ou que tu cherches à combler le vide par l’action, ta douleur va s’imposer autrement : fatigue, irritabilité, voire somatisation dans ton corps.
À l’inverse, si tu accueilles ta peine, si tu lui laisses un espace pour s’exprimer (pleurer, écrire, partager…), tu permets à l’émotion de circuler. Le processus est difficile, mais il devient libérateur.
L’apport de l'énergétique
La psychologie énergétique, avec des outils comme l’EFT ou la libération des mémoires émotionnelles, rejoint cette approche. Elle permet de libérer l’énergie bloquée derrière une souffrance émotionnelle.
Quand tu résistes, l’énergie reste figée. Quand tu accueilles, tu permets à ton flux vital de se remettre en mouvement. C’est là que la transformation intérieure devient possible.
Exercice pratique : accueillir au lieu de résister
Voici un petit exercice inspiré de l’ACT et de la pleine conscience :
-
Ferme les yeux et prends trois respirations profondes.
-
Identifie une émotion inconfortable que tu ressens parfois (colère, tristesse, anxiété…).
-
Plutôt que de la repousser, dis-lui intérieurement : « Je te vois. Tu peux être là. »
-
Observe où elle se manifeste dans ton corps (tension, boule, chaleur…).
-
Accueille cette sensation comme un invité passager, et reste présent à ta respiration.
Souvent, le simple fait d’ouvrir un espace à l’émotion lui permet de s’apaiser ou de se transformer.
Vivre pleinement malgré la souffrance
La thérapie ACT met en lumière une idée centrale : tu n’as pas besoin d’attendre que ta souffrance disparaisse pour vivre une vie riche et pleine de sens.
En cessant de lutter, tu libères de l’énergie pour t’engager vers ce qui compte vraiment pour toi : tes valeurs, tes relations, tes projets.
C’est ça, la liberté intérieure : ne plus être prisonnier de ta résistance, mais choisir d’avancer avec tout ce qui fait partie de toi.
En conclusion : moins de lutte, plus de vie
Résister à ta souffrance, c’est t’enfermer dans un combat intérieur épuisant et sans issue.
L’accepter, c’est reconnaître qu’elle fait partie de l’expérience humaine, et que tu as la capacité d’y faire face sans t’y perdre.
Quand tu cesses de résister, ta souffrance devient paradoxalement plus légère. Elle se transforme en enseignement, en chemin d’évolution, et parfois même en force intérieure.
Si tu veux apprendre à accueillir tes émotions, transformer tes souffrances et avancer vers une vie plus alignée, je propose des séances d'accompagnement, N’hésite pas à me contacter.
Prends soin de toi
Aurélie
